Niamey : l’Université d’été des volontaires de la Confédération AES s’achève sur neuf recommandations
Niamey, 30 septembre 2026 – Trois jours durant, ils ont échangé, appris, réfléchi et surtout partagé une même envie d’être utiles à leurs communautés. Venus du Burkina Faso, du Mali et du Niger, des jeunes volontaires se sont retrouvés à Niamey, du 28 au 30 septembre 2026, à l’occasion de la 3ᵉ édition de l’Université d’été des volontaires de la Confédération des États du Sahel (AES), placée sous le thème : « Le volontariat, une force pour la construction des États de la Confédération AES ».
Au terme de cette rencontre, les participants ont formulé neuf recommandations à l’attention du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour le développement du volontariat dans l’espace confédéral.
La cérémonie de clôture a été présidée par le Secrétaire Général du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire, en présence de membres du Gouvernement, du Gouverneur de la région de Niamey, de chefs de mission diplomatique, des représentants des Ministres chargés de la Jeunesse du Burkina Faso et du Mali, des responsables des structures nationales de volontariat des trois pays et des partenaires techniques et financiers.

Trois jours pour apprendre les uns des autres
L’Université d’été aura d’abord été une rencontre humaine. Derrière les institutions et les structures représentées, ce sont des jeunes venus de trois pays partageant un même espace qui ont eu l’occasion de se connaître, de confronter leurs expériences et de réfléchir ensemble à la manière de mieux servir leurs communautés.
Les travaux ont débuté par une conférence inaugurale qui a posé les bases de la réflexion autour de la place du volontariat dans la construction des États de la Confédération. Le premier panel-débat a ensuite permis de mettre en regard les expériences du Burkina Faso, du Mali et du Niger en matière de volontariat.
Les échanges ont montré que, malgré des réalités nationales différentes, les trois pays font face à des préoccupations communes et disposent d’expériences susceptibles de s’enrichir mutuellement.
Cette dynamique s’est poursuivie au sein de cinq groupes thématiques consacrés à la valorisation du statut et du rôle du volontaire, au volontariat et à la souveraineté, à la digitalisation et à l’innovation, à l’insertion socio-économique des jeunes, ainsi qu’à la coopération et à la réciprocité du volontariat dans l’espace AES.
Une master class a également permis aux participants de bénéficier de l’expérience de praticiens confirmés, tandis que le second panel a approfondi la réflexion sur le rapport entre volontariat et souveraineté.

Du débat à l’action


Mais l’Université d’été ne s’est pas limitée aux salles de conférence.
Dans les rues de Niamey, les volontaires ont pris part à une activité citoyenne consacrée à la peinture des bordures de la chaussée et du boulevard des Armées. Un geste simple, concret, qui a donné une dimension particulière à leur rencontre.
Pour les participants, le volontariat ne se résume pas aux discours ou aux réflexions. Il commence aussi par des actions visibles, au plus près des populations et du cadre de vie.
C’est dans cet esprit que le Secrétaire Général du MISPAT a souligné, dans son discours de clôture, que l’engagement volontaire devait dépasser le cadre des rencontres pour se traduire dans la vie quotidienne.
Selon lui, le volontariat constitue un instrument au service de la résilience, de la cohésion sociale et de la souveraineté, notamment à travers l’engagement de la jeunesse.

Neuf recommandations pour aller plus loin
Les trois jours de travaux ont surtout permis de faire émerger des propositions concrètes.
Réunis en marge de l’Université d’été, les Ministres en charge du volontariat des trois pays ont adopté le rapport général de cette troisième édition et se sont engagés à le soumettre au Collège des Chefs d’État de la Confédération AES.
Les participants ont, pour leur part, formulé neuf recommandations portant notamment sur :
- la création d’une Agence confédérale du volontariat ;
- l’accélération de la mise en œuvre du volontariat de réciprocité, conformément aux accords signés à Ouagadougou le 30 août 2026 ;
- la création d’un Fonds souverain de soutien au volontariat ;
- l’élaboration d’un manuel du volontaire AES, avec son introduction dans les systèmes éducatifs des trois pays ;
- la création d’une plateforme numérique commune et d’une base de données sécurisée de gestion des volontaires ;
- la mise en place d’un système national et confédéral de certification des compétences acquises pendant les missions de volontariat ;
- la création d’un dispositif d’accompagnement post-volontariat facilitant l’accès à l’emploi et au financement ;
- la mise en place d’un système d’assurance maladie et d’une carte biométrique au profit des volontaires ;
- l’inscription des projets de volontariat confédéral dans la Feuille de route de l’An III de la Confédération AES.
Au-delà de leur diversité, ces recommandations traduisent une même volonté : donner au volontariat un cadre permettant aux jeunes de mieux s’engager, de valoriser leurs compétences et, demain, de pouvoir mettre leur savoir-faire au service des communautés des trois pays.

Une fraternité qui se construit aussi dans les échanges
En clôturant les travaux, le Secrétaire Général du MISPAT a assuré que les conclusions et recommandations issues de cette rencontre seront portées à l’attention des plus hautes autorités du Niger et transmises aux partenaires de la Confédération, afin de contribuer à l’agenda commun du volontariat.
Ainsi, après trois jours de réflexion, de formation, de partage d’expériences et d’action citoyenne, les volontaires des trois pays repartent de Niamey avec bien plus que des recommandations.
Ils repartent avec des expériences partagées, de nouvelles connaissances et, surtout, des liens tissés au-delà des frontières.
Car au cœur de cette Université d’été, il y avait une idée simple : servir sa communauté, c’est déjà contribuer à construire son pays. Et lorsque des jeunes du Burkina Faso, du Mali et du Niger choisissent de réfléchir et d’agir ensemble, le volontariat devient aussi un espace de rencontre entre les peuples.
La 3ᵉ édition de l’Université d’été s’achève ainsi, mais les échanges et les engagements qui y sont nés appellent désormais une nouvelle étape : transformer les recommandations formulées à Niamey en actions concrètes au service de la jeunesse et des populations de l’espace AES.
